03 décembre 2006
CR l'O'rigole 2006 23km
Merci
Arrivé de la N10 j'entre dans Le Perray-en-Yvelines. Je remarque un fléchage placardé sur le bord de la route "L'O'rigole".
J'arrive donc au stand ou il ne me reste plus qu’à chercher une place
ce qui à l'air assez délicat vu le nombre de participant étant déjà
arrivés.
Après 50 mètres effectué à pied j'entre dans le gymnase ou effectivement il y a déjà du monde à 1h du départ.
Le temps de faire vérifier mon matériel pour des raisons de sécurité et
de retirer mon dossard pour la boucle de 23km je regarde autours de moi
les autres participants. Il y a des groupes et quelques individuels.
Chacun soit à la préparation de ses petits petons, soit à
l'échauffement, soit à l'habillement, ou simplement en train de
discuter: "Hier je suis sortie, j'ai pas trop la pêche..", "Aujourd'hui
je sens que je vais faire un bon chrono...", "Ah bon?? Il est pas venu
aujourd'hui??", " Ouai tu vas voir, si tu me suis on aura terminé..."
etc...
Le gymnase est grand et il y a des gradins pour les visiteurs lors des matchs. Je vais donc sur l'une d'elle pour me préparer.
Tout en me préparant je continue de regarder autour de moi, essayant de
jauger chaque coureur sur ses éventuels performances. Je sais de suite
que je ne serai pas dans le premier tiers et que le parcours ne va pas
être de la rig'o'lade.
Enfin on réclame le silence, en effet la sono semble avoir passé l'arme
à gauche. Dans un silence quasi religieux nous écoutons l'organisateur
faire son briefing. Celui ci nous explique les différentes boucles
(Trois pour l'ultra trail et 1 pour le trail) qu'il fait correspondre
aux couleurs des pistes de skis. Soit rouge pour le trail suivis de
deux noirs pour ceux qui vont faire l'ultra. Sa rigole jaune dans
l'assistance et moi je me pose des questions.
Vient ensuite le temps des remerciements aux sponsors, bénévoles, et
une dédicace personnelle à sa femme qui à du supporter la préparation
depuis plusieurs jours (Ce qui me fait pensé qu'il faut que je remercie
la mienne de ses encouragements à faire du trail au sacrifice de
certaines soirées.)
Le départ est annoncé quelques mètres en dehors du stade. Nous nous
dirigeons donc tous au dehors vers la ligne de départ en centre ville.
Sa continu de discuter tout en préparant les frontales et sautillant
sur place c'est qu'il fait un peu frais pour ce départ donné au 12
coups de minuit.
La corne de brume s'élève dans les aires et nous nous élançons aussitôt
au travers d'un petit parc. Ensuite une portion roulante de bitume se
présente avant de s'enfoncer dans de petits passages coincés entres les
maisons.
Puis c'est un immense parking de terre avec un boucle passant par
dessus un talus qui permet de voir un magnifique traînée de lumière
cosmique (non je plaisants ce ne sont que les frontales des
participants derrières moi) avant de rejoindre une autre portion de
bitume qui nous fera passer au dessus de la N10 afin de rejoindre la
forêt domaniale de Rambouillet. Dès le premier pas dans la forêt le ton
est donné. En effet en quittant le bitume il faut passer par un fossé
pour pénétrer dans le sous bois.
Nous continuons à avancer dans les premières bosses et autres trous
d'obus. Il nous a prévenu l'organisateur ce sera une piste "Rouge".
J'ai plutôt l'impression qu'il nous a pris pour des 4X4. Aucun animal
n'a du passer par les endroits que nous foulons. Y a juste 200
traileurs assez tarés pour passer par ces endroits.
Parfois nous rejoignons un chemin, mais celui ci devient vite une
grande descente suivie d’une belle montée avec en son milieu un passage
bien gras et boueux à souhait à en faire pâlir les centres de
thalassothérapie et leur formule bain de boue. Sinon nous sommes
souvent dans le lit à sec de cours d’eau assez étroit, un peu comme des
tranchées de 14-18.
Je continue ma progression en slalomant entre les pins et essayant
d'éviter les nombreux pièges, me revoilà dans un trou d'obus. Le Pb
c'est que je n'arrive pas à en sortir.
Je suis pris comme une souris, impossible de sortir de ce trou
tellement les bords sont boueux donc glissant. Tout d'un coup je sens
une poussé au fesse, un traileur me file un coup de main. J'en profite
pour monter hors du trou et m'accrocher à une racine afin de lui tendre
la main pour l'aider à mon tour.
Après les congratulations, il me distance petit à petit. Je me retourne
et j'aperçois au loin une ligne de petit point lumineux qui se
rapproche.
Non je n'ai pas envie d'abandonner, même si les jambes commencent à
fatiguer de toutes ses relances et de ses montagnes russes dans la
gadoue ou terrain accidenté. Je regarde mon chrono, cela fait plus de
deux heures que je cours.
Je commence à montrer des signes de faiblesse assez sérieuses. Je
continue en ralentissant un peu l'allure afin de faire descendre la FC.
Mais rien n’y fait. Obligé de marcher un peu et de repartir. Mais cela
ne s'avère pas une bonne technique. Les relances se font de plus en
plus difficile.
J'accroche un groupe qui me rejoint afin de discuter et de penser à
autre chose. Cela s'avère être mieux. Mais ils finissent par me
dépasser, et je me retrouve de nouveau seul.
J’aperçois les lumières de la ville. Je continu malgré tout et donne
tous ce qu'il me reste. J'arrive enfin sur le bitume à la sortie d'un
champ. Je demande au bénévole au passage combien de Km il reste: "3km
environ". Je m'arrache les derniers souffles qu'il me reste. Mais c'est
sans compter la dureté du bitume qui m'oblige de nouveau à marcher.
Mais de nouveau un groupe de 3 traileurs passe à mes coté ce qui me
donne un dernier souffle pour arriver en courant sur la ligne d'arrivée.
Je fais prendre mon temps exténuer que je suis et me dirige vers le buffet.
J'observe les Ultra Traileurs qui grignote et avale un bol de soupe avant de repartir pour 40 Km environ.
Moi je continue a dévaliser le buffet des fruits secs, banane, compote
de pomme, gâteau, jus d'orange, eau, café, coca, boisson de
récupération avant d'aller m'asseoir un bon moment nu pied.
Puis c'est le temps du podium pour le trail. Moins de deux heures pour la première féminine et masculin.
Je leur tire mon chapeau. Ainsi que l'organisateur avec qui j'ai
discuté des abandons et des blessures ainsi que de sa passion pour
l'ultra (un personnage très accessible). Je tire mon chapeau aux
abandons pour avoir essayé tout de même ainsi qu'a tous ceux qui ont
fait l'O'rigole.
Il est temps pour moi de rentrer à la maison et de m'endormir avec mon tee-shirt de Finisher comme un bébé avec son doudou.
A l'année prochaine.
